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Après 60000 km entre Europe et Asie en 2006, 20000 autres restent à découvrir de Mexico à Santiago en passant par 16 pays, un périple pour rassembler autour de la casserole différentes. visions de la cuisine.

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ACTUALITE

William et Benoit pendant la RDS2

Photos...

Ambiance électrique.

 

Vendredi 1 Août =

 

Les premières heures sur un lieu inconnu tiennent toujours un goût particulier. Faire l'effort de prendre ses repères, de ressentir une atmosphère, de distinguer l'utile de l'inutile, le fréquentable de l'infréquentable. A savoir qu'ici le plus attirant est souvent le plus dangereux. Questions, recherches, récolte de renseignements, nous atterrissons en peu de temps sur la place "Pelourinho", en plein centre historique de Salvador, devant l'Ecole gastronomique "SENAC". Sur simple présentation d'une carte de visite au nom de "La Route des Saveurs", les portes s'ouvrent et un accueil de conquérants nous est réservé. Une visite guidée est improvisée sous les commandes de Madame la superviseur elle-même. Cuisines, chambres froides, rencontre avec les chefs et une liste d'informations primordiale sur les produits et méthodes de la cuisine Baiana. Une aubaine pour nous autres qui commençons le Brésil de la meilleure des manières.

 

Samedi 2 Août =

 

Prenez une jolie salade de légumes croquants, ajoutez-y des quartiers de mangue et servez le tout dans une sauce mayonnaise au lait de coco. Vous obtiendrez ainsi l'exemple même d'une cuisine simple, pleine de gaité, une cuisine qui respire les tropiques, où l'accommodation des saveurs et un assaisonnement d'orfèvre se révèlent comme une identité. Et que dire de sa potée d'haricots rouges, saucisses fumées, réplique quasi parfaite d'un certain cassoulet, de cette poêlée de calamar aux herbes fraiches ou encore d'une semblable ratatouille de quiabos à la texture baveuse. Et tant d'autres manquent à l'appel. En vous souhaitant un bon appétit, bien sûr.

 

Dimanche 3 Août =

 

Une senteur forte de fruits mures, de goyaves surtout, un fumet de grillades déjà en pleine cuisson ardente. Ambiance électrique. Marché Sao do Joaquim, Salvador de Bahia, Brazil. Un son de radio grésillant, passages de reggae alternés de samba mais personne ne semble y prêter attention, pas de danse folle entrainante aujourd'hui, chacun est préoccupé par ces magouilles, bonne ou mauvaise, peu importe. Des fioles étranges attirent très vite l'attention, d'une couleur rouge safranée, limpide. Les renseignements fournis sont formelles, il s'agit d'huile de Dendê ou huile de palme en traduction française. Tout autour, c'est un défilé de brouettes qui fait le spectacle. Vision imaginaire d'ouvriers en plein chantier. Ici, sable et ciment sont copiés par des sacs de bananes vertes, d'oranges, de quiabos et autres pastèques. A la sortie, les coffres de voitures sont ouverts, ils attendent patiemment que l'on y allonge une chèvre ligotée, un porc ficelé, groguis chacun d'eux, pour mieux s'en occuper de retour chez soi. Bref, encore un beau fouillis avec toujours le même plaisir. Mais attention, zone de vol confirmée.

 

Mardi 5 Août =

 

De nuit comme de jour. Des applaudissements, des cris, des encouragements, danseurs de Capoeira en action. Groupes de percussion qui s'affèrent dans les ruelles, rythme de carnaval avant l'heure. Des parties de football, bambins pieds nus, non loin de murs urinoirs. Les troisièmes âges se défoulent sur quelques dominos aux terrasses des cafés et deux ivrognes déroutés se chamaillent un fond de potion destructrice. Plus haut dans la ville, une place attrayante, jeux de lumière sur une fontaine jaillissante. A droite, sur un banc, un couple s'enlace. A gauche, sur une marche de palier, un homme en perdition. Nul besoin d'insister. Mais marchons encore un peu si vous le voulez bien. Quartier des touristes, vendeurs à la sauvette essayant de refourguer colliers et autres yoyos, peintures multicolores, gadgets, tant d'occupation mes chers amis. Et nous dans tout ça, au milieu de cet engrenage, analysant les moindre faits et gestes de chacun, pour en comprendre simplement la vie qui s'y écoule. Alors maintenant que le portrait est tiré, libre cour à son imagination.

 

Jeudi 7 Août =

 

Il existe des destinations qui possèdent parfois une ou plusieurs images accolées à leur nom, souvent sur les récits des uns et des autres, articles de presse ou reportages télé. L'exemple de Rio de Janeiro est bon à prendre. Copacabana sa plage mythique, Maracaña son stade emblématique, son christ protecteur et bien sûr son carnaval qui fit connaître Rio au monde entier. Que le tableau est beau, que la fête est belle mais pas si belle que ça. Des hommes squelettiques sont à la recherche de recyclage, ferraille et autres cannettes traînantes par là, en échange d'une misérable pièce pour le service rendu. Eux n'ont pas droit au repos, leur survie en dépend. Les quelques 300 favelas, refuges du Mal, qui se partagent les hauteurs de la ville, laissent planer la peur mais apparemment pas pour tout le monde. En effet, saviez-vous que certains poussent le vice à acheter les services d'un guide pour s'offrir un petit tour touristique dans ce fléau, balade des gens heureux, à la consonance près d'une visite de zoo. Mais alors jusqu'où ira l'hérésie humaine, prête à frôler la mort pour obtenir une satisfaction quelconque, en sachant qu'ici le pire est si vite arrivé et surtout pour si peu de chose.

 

Samedi 9 Août =

 

Le soleil se couche sur Rio, les premières roulottes font leur apparition sur les trottoirs pavés. Quatre bouts de tissu fixés sur un tronc de palmier géant, une ampoule 60 Watt et les premiers visages familiers s'abandonnent, tabourets de dinette et lumière de réverbère. Ca se sert la main, ça s'embrasse, ça rigole autour des tentes de consommation. Du hot dog trop chargé en moutarde au gobelet de Caïpirinha trop sucré, l'un n'allant pas sans l'autre, ici où le besoin d'une bouffe pas chère se fait sentir à chaque carrefour. Un rendez-vous de tous les instants, un rendez-vous de bien-être, un rendez-vous cosmopolite. Un moyen comme un autre d'oublier la pression journalière, décompression originale et sans ambiguïté, une vision différente de voir la chose. Alors on se laisse gentiment prendre au jeu de l'imitation des locaux car dans ce nouveau monde, la nuit égale la vie et demain sera un autre jour.

 

Mardi 12 Août =

 

Impossible à décrire avec des mots, il faut simplement le voir pour y croire. Toute personne devrait avoir le privilège de contempler pareil spectacle dans sa vie. 48h aux chûtes d'Iguaçu, pure merveille de la nature, sur la frontière Brésil/Argentine puis en avant toute vers Buenos Aires avec une crainte tout de même qui se profile, la "parillada" est-elle seule maître à bord des assiettes argentines ? Nous vous en ferons connaissance.

 

 

A suivre ...