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Après 60000 km entre Europe et Asie en 2006, 20000 autres restent à découvrir de Mexico à Santiago en passant par 16 pays, un périple pour rassembler autour de la casserole différentes. visions de la cuisine. |

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ACTUALITE |
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William et Benoit pendant la RDS2 |
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Photos... |




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Chauffards du dimanche!
Mardi 15 Juillet =
Iquitos, rive droite, arrivée du radeau. Tel un déchargement taurin. Bousculades, chamaillades, cavalcades ; le dernier sorti perd. Un seul pas à terre et déjà des mains baladeuses s'agrippent à nos poches de pantalon. Ni vu ni connu. Gestes grossiers sans aucune minutie pour voyous amateurs sans aucune conscience. Deux blancs innocents, victimes faciles, au milieu de guetteurs mal intentionnés. Proies aprioris alléchantes mais il est bien connu de ne jamais se fier aux apparences. Voir venir le délit à deux kilomètres à la ronde, sentir la fraude à plein nez, c'est du moins ce que notre expérience nous a enseigné. Qu'il est amusant de distinguer le visage de son agresseur déçu de ne pas trouver argent à son compte et surpris de s'être fait prendre la main dans le sac, les yeux dans les yeux, œil pour œil. Alors messieurs les pickpockets de pacotille, retenez bien ceci, le touriste est peut-être naïf mais le voyageur, lui, est malice.
Mercredi 16 Juillet =
Sur un air printanier, un son de cloche annonce l'heure du marché, alors nous nous mettons en route, tout guillerets que nous sommes. Tout de suite, les premiers étales sont riches d'étonnement. Mango ciruela, noix du brésil, guaba, lucuma, sacha inchi, des noms qui, nous le savons, ne vous dirons rien mais d'une si grande importance pour nous autres. Et puis arrive le moment du "attention aux yeux". Tortues dépecées logées à la même enseigne que poulets et viandes de bœuf suspendues. Poissons préhistoriques bagarreurs dans un panier en roseaux et larves mutantes grouillantes dans une bassine en plastique. On ne nous avait donc pas menti sur le sujet, la diversité des produits amazoniens est sans appel et mérite à coup sûr un peu plus d'attention.
Jeudi 17 Juillet =
LP373, vol pour Lima. Entre montagnes pelées et Océan Pacifique. Rues poussiéreuses et chauffards du Dimanche. La capitale péruvienne se répand sur une centaine de kilomètres, alors dans cette immensité bordélique, il est plus facile de s'y retrouver en y étant accueilli. Une nouvelle fois, c'est une connaissance du lycée hôtelier de Biarritz qui nous sauve la mise. Merci Pierre pour ton hospitalité et ta gentillesse.
Vendredi 18 / Dimanche 20 Juillet =
Si peu de temps pour tant de volonté ; course contre la montre. Marchés en veux tu en voilà, cevicheria un midi, restaurant de rue un soir, ceviche de sole et ragout de veau en sauce. Des boulangeries aux supermarchés, en passant par les marchands ambulants pour se délecter d'un Pisco traditionnel à l'heure de l'apéritif et d'un pain de pomme de terre pour le goûter. Mais tout cela à un prix. Vagabonder dans ce cafarnaom pollué des heures durant pour s'imprégner de cette effervescence culturelle. Tant de peur pour se frayer un chemin entre carrioles incontrôlables et autocars dévastateurs. Au bout du compte, trois nouveaux produits et un livre qui grandit, qui grandit ...
Lundi 21 Juillet =
Discuter sur un sujet si commun n'est pas un travail toujours évident. Mieux faut-il changer son fusil d'épaule et oublier la romance pour penser d'une façon plus manuelle scolaire. Pomme de terre, patate, parmentière, tubercule, tellement de synonymes sans tous les siter pour une pépite nourrissante de cette envergure. Plus de trois mille variétés pour autant de dénomination scientifiques. Il en va de toute forme, minuscule comme un flageolet, volumineuse de la taille d'un ballon. Mais cela ne s'arrête pas là. Avec un air de caméléon, elle joue aussi sur les couleurs, jaune, orange, violet, ainsi que sur les goûts et les textures. Alors il vaut mieux remonter d'un cran, se référer à une histoire de millénaire pour se replacer dans le temps et comprendre le pourquoi du comment de cette pousse terrestre si énigmatique.
Mercredi 23 Juillet =
Les passages de frontière se font généralement sans histoire, regard furtif, tampon illisible et visite gratuite du sac à dos jusqu'à entendre la phrase magique "c'est bon, passez !". Alors il fallait bien que quelque chose arrive, une fouille moins banale, plus prononcée, dans la lignée de voleurs pour nous sortir de cette habitude et pour le plaisir de la conter ultérieurement. Le tracé territoriale entre Pérou et Bolivie vient d'être franchit quand un cri pseudo animalier nous arrête et nous envoie tout droit en salle de garde à vue. Ainsi malheureux soit-il, surtout pour une histoire de factures manquantes. Et tomber sur un militaire possédant seulement comme science infuse la marque de son soda préféré n'arrange forcément pas les choses et devient plus difficile à gérer, voir même impossible de lutter. Alors notre remise en liberté ne prend effet qu'après la rançon payée et un soupçon de jurons. Mais après tout, il l'avait bien mérité, surtout pour cinq euros.
Jeudi 24/ Samedi 26 Juillet =
Après Lima, c'est au tour de La Paz d'offrir son toit à la RDS. Cité pas comme les autres puisque capitale la plus haute du monte quand même. Nous ne mettons pas longtemps à le remarquer d'ailleurs puisque notre respiration fut rapidement mise à l'épreuve sur les 3800 mètres d'altitude qui compresse la ville. Mais cette anecdote ne nous empêcha pas de faire notre travail quotidien et de vadrouiller à travers les multiples marchés de rues. Qu'il est agréable de se pencher sur un sac de "tunta" (pomme de terre blanche déshydratée), de lever les yeux dans l'instant suivant et d'apercevoir des pics majestueux de 6000 m nous encerclant, comme pour nous garder prisonniers. Et que dire de ces femmes portant un arc en ciel sur leur dos, caricature de carte postale, et de ces sons de flûte redonnant un élan quand le souffle vient à manquer car il faut le savoir, c'est aussi cela la magie des Andes.
Dimanche 27/ Jeudi 31 Juillet =
Record battu. Quatre jours de voyage rocambolesques de La Paz à Salvador de Bahia, de la Bolivie au Brésil. Nuits blanches, repas minutes, crevaison, tout y est passé. Alors que se profile au bout de la route un nouveau pays, une nouvelle culture, un nouveau langage, nous commençons à nous projeter petit à petit sur ce mois d'Août, le dernier des quatre, la dernière ligne droite avant le retour. Brésil, Uruguay, Argentine, Chili, le chemin est encore long avant la ligne d'arrivée. Alors tachons de rester attentif.
A suivre ... |

