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Après 60000 km entre Europe et Asie en 2006, 20000 autres restent à découvrir de Mexico à Santiago en passant par 16 pays, un périple pour rassembler autour de la casserole différentes. visions de la cuisine. |



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Européanisme !!!
Mercredi 20 Août, Buenos Aires :
Il fait froid ce matin sur Buenos Aires. Le thermomètre ne dépasse pas les 5ºC. Le drapeau patriotique flotte le long des murs, juste une fierté à revendiquer. Le mot tango est sur toutes les lèvres, la publicité d´un futur festival aidant la cause. Et les gens sont aimables, calmes, le stress des autres capitales du monde ne se ressent pas ici. Et nous venons de boucler notre troisième marché de la matinée, bredouille jusqu´au cou. Mais en même temps, en sommes nous vraiment étonnés, en sommes nous vraiment mécontent de retrouver un bout de méditerranée. Entre part de pizza, et milanaise, en passant par la mozzarella et l´olive d´olive, sans oublier quiches et paellas, nous avons devant les yeux le résultat de quelques siècles passés, soit la migration de la cuisine italienne et hispanique, avec une touche tricolore.
Jeudi 21 Août, Parrillada :
Quand l´inimaginable se produit. Plus une dans la case « anecdotes culinaires ». Assiettes, fourchettes et cuillères ; voici notre table dressée. Pas de potage en commande mais juste une parrillada de bœuf que l´on aperçoit lézarder sur un grill en fusion sous des charbons ardents. Mais alors où est donc passé la fameuse lame en dent de scie, si réputée pour glisser aisément entre les fibres rosées. La question ne se fit pas attendre et la réponse fut plus qu´explicite. A notre hôte de nous montrer l´exemple, cuillère en main s´abattant délicatement sur la chaire grillée arrosée d´une marinade à l´origan et ramenant en bouche un morceau de bonheur intense, avec la plus grande facilité qui soit. Comme il ne se mange pas meilleure pizza que sur une terrasse à Naples et comme il n´existe pas meilleur endroit qu´un chalet de montagne pour savourer une raclette savoyarde, il est donc normal de se régaler de la meilleure viande rouge dans un refuge de la pampa patagonienne. Plus qu´une marque de fabrication, il s´agit là d´une véritable identité qui nous amène à dire que nos Limousines et Blondes d´Aquitaine peuvent en être jalouses. Recommandé à tous.
Vendredi 22 Août :
Ce matin, avant de constater les dégâts, un homme nous avait montré la montagne et la fumée noire qui s´y propageait. Un chalet qui partait en fumée... Cette journée, nous avons profité de la béatitude des lieux autour d´un lac miroitant. Ce soir, nous essayons de récupérer les restes qui aurait réchappés à l´incendie de notre auberge. Soit, un cahier de note des produits que nous avons découvert, un disque dur d´ordinateur à moitié brulé (nous espérons encore pouvoir en tirer quelque chose), un CD de sauvegarde sur la demi-douzaine, et rien d´autre, même pas un tee-shirt de rechange. Bref, nous sommes dans la rue, à la rue presque, un sac plastique à la main et un rire jauni de brûlure.
Mardi 26 Août, Patagonie :
Un émerveillement à tout point de vue. Comme si rien et personne n´étaient venu perturber ce calme déjà si troublant. Saison de la blanche neige, mois d´Août trompeur, hiver et non pas été. Une façon de chambouler une habitude. Les lacs gelés, brillant de diamants aux reflets du soleil, se disputent l´espace avec des sapins centenaires, un espace théâtrale surveillé par ces Andes, toujours inamovibles, qui ne cessent de nous éblouir de part leur jolis minois. Alors on ne se sent pas bien grand devant cette démonstration de force dont le besoin de la protéger devient presque une obsession. Une nouvelle vision à classer avec les inoubliables, et qui nous rappellent une fois de plus qu´il faut aimer la vie, et l´aimer même si le destin nous malmène à son temps voulu. Patagonie ou tomber amoureux d´un souffle d´air pur. Sûrement une des plus belles natures au monde. Compassion pour les absents.
Jeudi 28 Août, Du vin et du fromage :
Alors il est venu le temps du dernier des 15 pays. Chili, ou comment passer la frontière avec un petit sourire exprimant toute la satisfaction de tant de kilomètres parus. Un parcours longeant la route du vin jusqu´à Santiago, destination finale. Retrouver encore des goûts bien de chez nous après la cuisine argento-méditerranéenne. Des goûts menant vers des caves en tout genre. A vin et à fromage. Une traversée conduisant entre des odeurs de pâtes pressées cuites et non cuites, parfumées d´origan ou fumées, puis entre des vignes toisant du regard les cimes blanchis, couvrant un vignoble méritant le respect de son histoire viticole au milieu de vignes aussi vieilles que la grosseur de leur pied. Deux savoir-faire d´importation aujourd´hui aussi implantés dans la culture locale que nous pouvons le prétendre sous nos latitudes.
Mardi 02 Septembre, Retour :
« Vous avez peut-être perdu aujourd´hui mais ça ne veut pas dire que cela doit vous plaire. » Un air de fin s´annonce. Quand un rêve se termine obscurcit d´un point noir. Et toujours ce sentiment d´injustice qui est présent. Il est venu l´heure de rentrer à la maison, de retrouver famille, amis, et cette vie mouvementée de trop de projets en devenir ;malheureusement moins un aujourd´hui. Regardons alors derrière nous et n´ayons pas peur des mots. N´ayons pas peur de dire qu´il a été inoubliable de vivre sa liberté, d´aller sans se retourner et de surpasser ses peurs. Merci donc à cette raison d´être qui nous a poussé à faire un choix, ce choix de partir au cœur de cette aventure humaine, sans oublier les joies et les peines, visions angéliques et aperçus cauchemardesques. A nous maintenant de transmettre le message d´un vécu et d´une expérience fructueuse aux jeunes pousses. Les regards seront désormais tournés vers eux. Et alors qui sait peut-être un jour, après avoir laissé le temps au temps, d´autres reprendront le flambeau vers une contrée lointaine toujours vierge de découverte. Encore tant de choses à voir, encore tant de rêves à réaliser. Carpe Diem.
Benoit et William
Un grand merci à tous pour votre soutien. Et plus encore à nos partenaires (Rougié, Sabatier, Omnivore et Ponthier), au Lycée Hôtelier de Biarritz et à l´Aflyth, aux Ecoles Hôtelières de notre route, aux personnes qui nous ont accueilli et organisé la RDS2 dans les pays traversés, à Ouitman Graphics, aux Chefs suivant l´aventure, à Laura, à Florian, à Catherine, à Alain S. et à tout ceux qui ont contribué de près ou de loin à La Route des Saveurs 2, à nos lecteurs. |

