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Après 60000 km entre Europe et Asie en 2006, 20000 autres restent à découvrir de Mexico à Santiago en passant par 16 pays, un périple pour rassembler autour de la casserole différentes. visions de la cuisine. |

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ACTUALITE |
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Benoit et William pendant la RDS1 |
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Photos... |




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Insécurité
Dimanche 1 Juin =
Le Belize. Ancienne terre d'esclave, une contrée oubliée, méconnue, où semble-t-il le temps s'est arrêté. La Jamaïque y a encré ses racines et tout ce qui va avec. La "reggae music" inonde les rues et la résurrection de Bob Marley s'est faite par milliers. Au regard des gens, la vie coule comme un long fleuve tranquille, sans stress, sans besoin, comme si les acquis suffisaient à aller de l'avant. La pluie nous agresse depuis trois jours, intarissable. Un champ de guerre pourrait imager à la perfection les quelques routes traversant la ville. Atmosphère pesante, méfiante, préoccupante. Nous détalons pressement entre crevasses et ruisseaux de boue. Un homme sorti de l'hombre nous interpelle ; il est dévêtu. Nous le prenons pour un zombi rasta mais réellement, il s'agit d'un mendiant ; il y en a beaucoup ici. Des ondes positives existent sûrement dans ce négatif mais faute de conjoncture. Vision objective en seulement 24 h.
Lundi 2 Juin =
Cela devient inquiétant de voir comme le besoin du billet vert peut détourner l'Homme de son droit chemin, toujours plus, sans regret, sans honte. Frontière Guatémaltèque, frontière corrompue. Du pareil au même. Extorquer de l'argent est devenue accoutumance. Comme s'il s'agissait d'un réflexe, d'une façon de recevoir les étrangers innocents, de leur souhaiter la bienvenue. Un coup d'oeil sur le passeport et le piège se referme. Par chance, des compatriotes nous ont mis en garde ; nous remportons le jeu après un refus catégorique. Nous passons la ligne l'honneur sauf.
Mardi 3 juin =
Guatemala city, 13 h, Cuisines de l'Hôtel **** " le Camino Real ", rencontre avec le chef français Alain Doenlen. Le son des casseroles et les premières inhalations nous guident à travers les coulisses, labyrinthe des temps modernes. Salutations, présentations, le dialogue s'installe et tourne autour d'un échange d'expériences vécues, de pays traversés en commun, d'actualité gastronomique. Notre voyage l'intéresse, le passionne. Souvenirs de ses années "croisières" faites de découvertes culinaires similaire aux nôtres. Arrêt au port de Sydney par ci, arrêt au port de Goa par là, arrêt à Guatemala City ici, juste le temps de remplir les frigos, histoire de contenter quelques 3500 passagers de son assiette. Lui, grand voyageur quittant la patrie à vingt ans depuis vingt ans justement, lui, un des rares à l'époque à avoir compris la signification du voyage initiatique. Un moment privilégié à agrafer avec ceux passés en Asie.
Mercredi 4 juin =
Avoir toujours un œil derrière son épaule, l'attention fixée sur les mains de chaque individu, peur que quelque chose surgisse à tel point d'avoir à se préparer au pire, riposte, Opinel en poche. Sept mille assassinas à l'année, 70% de la foule possédant une arme à feu, ces chiffres sont quasi irréels et pourtant. Braquages, vols, agressions ; la liste est interminable. Cela fait réfléchir de se dire qu'un modeste passant croisé dans la rue ou assis dans un bus à côté de soi peut devenir le noir absolu. Les mots des expatriés sont sans ambiguïté : " Ici, l'insécurité est une leçon de vie. " Guatemala city, capitale meurtrière ou/et simple déchéance politique ?
Jeudi 5 Juin =
Nous prenons toujours un certain plaisir à regagner un petit coin de notre clocher à l'autre bout du globe ; se sentir en quelque sorte protégé, rassuré par ce drapeau bleu blanc rouge si cher. L'Ambassadeur de France organise à l'occasion de la fête de la musique un buffet dinatoire de 80 invités dans sa propriété. Pour nous, c'est une première, une chance unique, une manière de représenter l'image de la Nation à l'échelle culinaire. Vous l'avez compris, nous sommes en charge des réjouissances. Le stress est à l'identique d'un concours, d'une épreuve d'examen. Enorme responsabilité pour grandissante expérience. Donner le meilleur de soi pour le meilleur résultat. L'organisation s'est soldée par deux jours de préparation dans une cuisine de ménagère ; un certain défi pour jongler entre gazinière "Phillips", poêles "Téfal" et autres cuillères en plastique. Chose pas toujours évidente. Au final, la prestation a plu, applaudissements et remerciements en récompense, un nouveau challenge réussi avec une grande part de fierté.
Samedi 7 Juin =
Rires, pleures, braillements, ces mots donnent une idée de l'air planant sur le marché d'Antigua, ville très populaire à 1h de la capitale. Un terrain de jeux pour enfant, véritable centre de loisir, semé d'obstacles, idéal pour dépenser des petits diablotins. Mieux qu'une cours de récréation, mieux qu'une garderie. Pour nous, c'est un spectacle presque inaccoutumé du fait de se faire bousculer par des bambins jouant à cache-cache à huit heures du matin, sur un lieu où règne habituellement une atmosphère de troc pour adulte. A droite, le sourire d'une fillette dégustant une grenadelle à la cuillère, sorte de fruit de la passion. A gauche, un nourrisson nageant dans une montagne de mangue. Des cachettes secrètes se dissimulent sous les établis de sapote, fruit très sucré à la saveur caramel et des stocks de projectiles, raisins, prunes et autres sont quasi inépuisables. Une façon comme une autre mais non déplaisante de chasser le produit sur des rêves enfantins.
Mardi 10 et Mercredi 11 Juin =
Salvador, Honduras, Nicaragua. Trois frontières, trois pays, un bus et cela en seulement 24 h ; c'est une des particularités de la traversée panaméricaine. Similarités extrêmes à tout point de vue, cuisine, nature, mentalité. Managua, la capitale. Nous y établissons notre Q.G, chose une nouvelle fois facilitée par la gentillesse d'une expatriée, Martine Calonge, directrice du lycée français "Victor Hugo". Quatre jours de découvertes en perspective.
Jeudi 12 juin =
9 h. Comme à l'accoutumé, les marchés de la ville sont notre première mission ici. Malheureusement, cet exercice se solde comme une simple balade entre végétaux déjà vu et viandes déjà submergées de mouches. Pour nous, il s'agit d'un "remake", avec quelques lointaines pensées asiatiques. C'est pour cette raison que nous ne nous y attarderons pas.
Samedi 14 juin =
Ne cherchez pas à savoir le pourquoi du comment mais ce matin une vague de stress s'est installée. Nous participons simplement à une émission de télévision et en espagnol s'il vous plait ; le "Télé matin" nicaraguayen en quelque sorte. Certes, Sophie Davant n'est pas là mais est remplacée fort gracieusement par une présentatrice... locale ! Bref, ici pas de séance de maquillage, le direct ne dure que quelques minutes. Plaques d'oeufs en guise d'isolation, plateau dérivé à la sauce "Matin bonheur", décor vert pomme et jaune soleil, nous prenons l'antenne à la suite d'un vendeur de bijoux. Nous aiguisons notre espagnol, un joli sourire et c'est parti. Petit jeu de question/réponse, explication du périple La Route des Saveurs mais attention à la moindre bourde. Espérons que le message soit bien passé. Décidément, ce voyage devient un "show" à lui tout seul.
A suivre ...
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