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Après 60000 km entre Europe et Asie en 2006, 20000 autres restent à découvrir de Mexico à Santiago en passant par 16 pays, un périple pour rassembler autour de la casserole différentes. visions de la cuisine. |

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ACTUALITE |
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William et Benoit pendant la RDS2 |
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Photos... |




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Dans la lumière.
Mardi 1 Juillet =
Loin de se prétendre expert. La brillance pour commencer, gage d'une élaboration parfaite. Le parfum pour suivre, bouquet olfactif naturel. Mais qui suis-je ? Premier indice. Le son de l'éclat, seconde de pur frisson. Un carré noir glissant sur la langue, primordial de ne pas croquer, juste à laisser fondre. Entrechoc de finesse et d'intensité. 65, 72, 83, pourcentages millimétrés pour amertumes spécifiques. Fève, cabosse, cacao, autres indices pour évoquer cette richesse de la terre, à l'arôme si caractéristique, fruitée, corsée, connue de tous mais si mal distinguée du bon et du mauvais. Véritables critères organoleptiques, la dégustation du chocolat est à l'identique à celle du vin, élixir ancestrale, ainsi que d'un certain café. Une complexité distinguant le connaisseur de l'amateur, concentration extrême et exercice pointilleux. Difficile de se prononcer aujourd'hui sur celui qui remportera la palme, tellement de terres différentes, d'amalgames différents, sachant que tout est une simple histoire de goût.
Mardi 1 Juillet / Mardi 8 Juillet =
Quito, Cuenca, Guayaquil. Une fois n'est pas coutume. Cette semaine passée en Equateur a rassemblé une quantité incroyable d'émotions fortes que jamais nous n'oublierons. Une expérience unique pouvant rendre jaloux quelques toques françaises. Mais tant de considérations peuvent amener à un certain mal à l'aise, situations délicates, avec l'inquiétude de ne pas mériter ces louanges, d'avoir la préoccupation de ne pas pouvoir rendre la monnaie de la pièce, de ne pas répondre à une attente espérée. Pour cause. Un agenda titanesque, huit jours non-stop, logés gracieusement en 4 étoiles, à naviguer entre les tables des plus grands chefs du pays. Dégustation par-ci, dégustation par-là, du vin jusqu'au chocolat en passant par le café et le sorbet traditionnel. Recevoir la médaille du "Citoyen Illustre" de la ville de Quito par Monsieur le Maire en personne est peut-être le meilleur exemple de cette démesure, cérémonie habituellement réservée aux Ambassadeurs et aux Présidents, incompréhension du pourquoi mais grande fierté. Revenons donc au premier matin, où une escouade nous attend au marché central de la capitale. Protection rapprochée, supers stars. Une vingtaine de personnes nous entourent ; journalistes, curieux et bandas traditionnelles accompagnent le cortège. Une chasse aux saveurs d'ordinaire discrète se transformant en fête nationale. Que dire de plus ? Un petit coucou à la télévision, interview pour l'un, cours de cuisine façon France 3 pour l'autre, passages en radio et articles de presse ; un soulagement quand tout s'arrête. Finissons les festivités sur une note imaginaire, le centre du monde, "la Mitad del mundo" comme ils disent. Une ligne légendaire, un pas à droite, un pas à gauche, hémisphère nord, hémisphère sud. Difficile à expliquer, sensation abracadabrante, simple satisfaction personnelle. Maintenant, il faut redescendre sur terre, ne plus se croire dans la lumière, reprendre le sac à dos direction Iquitos, Pérou, en espérant que d'autres opportunités irréelles viennent à notre rencontre. Si seulement.
Jeudi 10 Juillet =
Qu'il est difficile de se faire comprendre, incroyable mais vrai, même avec un ralentissement et une articulation forcée des mots. Impossible de ne pas répéter, rabacher de simples phrases qui nous paraissaient acquises il y a des lustres. Pourtant, il est passé le stade de l'échauffement, entrainement terminé, l'usage de l'espagnol basique est devenu une forme de réflexion intérieure et non plus un code de secours. Alors que faire ? Se mettre à converser en Quechua ou revenir aux origines du langage universel, un signe de la main pour demander l'heure, deux pour commander un repas. A finir par croire qu'il existe un dialecte "lama" avec un semblant de faire exprès, une envie de ne pas faire l'effort. L'entrée en Cordillère des Andes marque peut-être de nouveaux changements. A première vue, le pays est pauvre, plus sauvage aussi que ses voisins du nord. Nous sommes à présent en territoire indien, ne l'oublions pas !
Mercredi 9 /Samedi 12 Juillet =
Moment d’usure, premier temps d’arrêt. Fatigue mentale plus que physique. Aléas du voyage ou malédiction. Contrôle de soi recommandé, patience exigée. Premier jour. Le Pérou est au point mort pour cause de grève nationale. Halte forcée pour guetter le transport du lendemain. Puis s’enchaine alors une succession d’espérance pour enfin pouvoir repartir. Routes barrées, déviations, pannes … Au total, pas moins de quatre villes-étapes échelonnées sur quatre jours. Et soudain, le moteur s’arrête. La chaussée se termine ici, aux portes de l’Amazonie. Obligation de continuer par voie fluviale. Trois journées de courant supplémentaires pour apercevoir une pancarte annonçant Iquitos, une cité au milieu de nulle part. Parait-il qu’il existe là-bas une mine d’or tropicale que seuls quelques chanceux connaissent. Allons-nous en faire parti ?
Samedi 12 /Mardi 15 Juillet =
Vivre un désir d’enfance, sachant qu’il ne se produira qu’une seule fois. Amazonie. Etre à l’autre bout du monde et se laisser bercer par un courant d’eau, traverser cette immensité végétale, source de vie, sur un bateau de croisière à la mode Inca. Une salle de repos à l’étage, hamacs en balançoires et gilets de sauvetage en point de mire. Bœufs et brebis au sous-sol, chauffage naturel, l’Arche de Noé XXIème siècle est prêt à partir. Les heures dormies sont insignifiantes mais qu’importe. Ouvrir les yeux et voir défiler cette jungle sauvage abritant faune et flore si mirifique, impression d’infinie, ou encore s’illuminer d’un couché de soleil jouant aux hombres chinoises, beauté naturelle. Alors on oublie facilement le riz cuit à l’eau du fleuve et quelques odeurs sorties des catacombes ; mise à part. Trois jours d’éblouissement, et quand certains ne rêvent que de bleu turquoise et de sable blanc …
A suivre ...
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